Dernière vérification : août 2026 · Rédigé par l’équipe de Badminton House composée de personnes qui jouent au badminton, Badminton House
Réponse rapide
Le battledore and shuttlecock était un jeu coopératif de raquette et de volant pratiqué en Europe et en Asie pendant des siècles avant l’existence du badminton : deux palettes, un volant à plumes et un compte partagé du nombre de frappes que l’on pouvait enchaîner avant qu’il ne touche le sol. Il n’y avait ni filet, ni terrain marqué, ni moyen de gagner un point contre une personne adverse, seulement un nombre à battre ensemble. Le badminton a conservé le volant et la sensation des anciennes frappes par-dessous, puis a ajouté le filet, le terrain délimité et un système de pointage compétitif qui a transformé un passe-temps partagé en sport avec une personne gagnante et une personne perdante.
Commencez par ce qu’était réellement le jeu
Examinez d’abord l’équipement et la culture du comptage, puis voyez précisément ce que le badminton a conservé de ce jeu plus ancien et ce qu’il a dû ajouter.
Ce qu’était réellement le battledore and shuttlecock
Le battledore and shuttlecock était un jeu coopératif de raquette et de volant, et non du badminton auquel on aurait retiré le filet et le pointage. Deux personnes ou plus utilisaient de petites palettes appelées battledores pour empêcher un volant à plumes de toucher le sol le plus longtemps possible, en comptant les frappes partagées plutôt qu’en se disputant des points.
Le jeu est bien plus ancien que n’importe quelle maison de campagne anglaise. Selon le récit de l’Encyclopaedia Britannica de 1911, les jeux fondés sur le fait de renvoyer un volant remontent à environ 2 000 ans et étaient populaires en Inde, en Chine, au Japon et au Siam bien avant que les enfants anglais ne prennent un battledore. En Angleterre même, le passe-temps était déjà pratiqué par les paysans au Moyen Âge et était devenu un jeu d’enfants populaire à la fin du 16e siècle. Au 17e siècle, sous le nom français de jeu de volant aussi bien que de battledore, il était également devenu un passe-temps de la classe supérieure dans de nombreux pays européens, une continuité documentée de plusieurs siècles dont la plupart des personnes qui ne connaissent que le sport moderne avec filet n’entendent jamais parler.
Les mots eux-mêmes sont relativement récents par rapport au jeu. « Shuttlecock » apparaît dans les documents écrits dans les années 1570 et « battledore » a pris son sens dans le jeu de raquette et de volant dans les années 1590, bien plus d’un siècle avant que l’ajout du filet et du pointage ne donne son propre nom au sport moderne, selon une histoire des mots siècle par siècle. Aujourd’hui, l’expression survit surtout dans les cartels de musée et les cours d’histoire à l’école, mais un échange ordinaire dans un jardin avec un enfant, des palettes en main et sans pointage, ressemble davantage à ce jeu original qu’à ce qui se joue sur un terrain de badminton marqué.
L’équipement : battledores et volants
Un battledore était une petite raquette faite de parchemin ou de rangées de boyau tendues sur un cadre en bois, plus proche d’un tambour à main que d’un cordage moderne. Un volant était constitué d’une base légère en liège autour de laquelle des plumes taillées étaient fixées; on le frappait, on ne le lançait pas, d’une personne à l’autre.
Le parchemin et le boyau sont les mêmes matériaux que ceux utilisés dans les anciennes peaux de tambour et les premiers instruments à cordes, tendus sur un petit cadre de bois en forme de palette. Cette construction donnait au battledore un certain ressort à la surface, ce qui comptait pour un jeu fondé sur le maintien du volant dans les airs : une touche douce et contrôlée sur une surface élastique permettait de prolonger l’échange bien davantage qu’un mouvement dur et plat.
La base en liège donnait au volant un poids suffisant pour voler droit, tandis que les plumes taillées le ralentissaient et gardaient son nez orienté vers l’avant dans les airs, le même vol dirigé vers l’avant dont dépend encore aujourd’hui un volant à plumes. En revanche, il n’existait aucune norme fixe. La taille du liège, le nombre de plumes et leur taille variaient d’un atelier à l’autre, de sorte qu’aucun volant ne se comportait tout à fait comme un autre; un volant usé ou déséquilibré était simplement remplacé. L’origine exacte du volant n’est pas entièrement établie; une théorie de longue date veut que des bouchons utilisés à l’origine pour conserver des plumes, notamment des plumes d’écriture, soient devenus des objets populaires à lancer puis à frapper, et que le volant en soit issu.
Un battledore n’était pas toujours un simple outil d’entraînement non plus. Une paire victorienne conservée, datée d’environ 1880, montre à quel point l’équipement pouvait être décoratif : des poignées en bois enveloppées de cuir gaufré d’un motif de chaîne, des traces de dorure encore visibles et une étiquette de fabricant portant la mention « Meilleur vélin garanti » [traduction]. Un équipement de ce genre était fait pour être conservé et exposé, pas seulement frappé jusqu’à l’usure.
Comment se déroulait une séance et la culture du comptage qui l’entourait
Une séance avait un seul objectif : maintenir le volant dans les airs avec sa personne partenaire pendant le plus grand nombre de frappes consécutives possible, puis parler du nombre obtenu. Il n’y avait ni service, ni limite, ni moyen de terminer un échange autrement qu’en laissant tomber le volant; le total devenait donc le sujet de fierté du sport.
Cette structure fondée sur un total partagé changeait ce que les personnes qui jouaient attendaient les unes des autres. Dans un échange compétitif, une bonne frappe met l’adversaire sous pression. Dans le battledore and shuttlecock, une bonne frappe était celle que la personne partenaire pouvait renvoyer confortablement, car un volant au sol mettait fin au compte pour les deux personnes à la fois. La compétence se manifestait par le contrôle et le toucher plutôt que par la puissance ou le placement contre une autre personne.
Les jeux de volant et de palette n’étaient pas propres à l’Europe et à l’Asie. Divers jeux traditionnels de volant étaient pratiqués indépendamment par des peuples autochtones d’Amérique du Nord, notamment les Kwakwaka’wakw, les Akimel O’odham, les Coast Salish et les Zuni, souvent avec un volant à plumes fait de cosse de maïs ou de brindilles et parfois un battledore en bois, selon un récit documenté de ces jeux régionaux. Chaque région fabriquait son volant avec ce qu’elle avait sous la main (cosse de maïs dans le Sud-Ouest, brindilles et branches sur la côte Nord-Ouest), ce qui indique fortement que l’idée de base (un objet léger et emplumé qu’une palette ou une main peut maintenir dans les airs) a été réinventée indépendamment plus d’une fois plutôt que diffusée depuis une source unique. Il s’agissait de traditions parallèles à part entière, et non d’une étape sur la route du badminton anglais.
Le rythme de va-et-vient du jeu a aussi quitté le terrain pour devenir une figure de style. Les auteurs du XIXe siècle décrivaient une dispute ou un échange politique comme du « battledore and shuttlecock », comparant les deux camps à un volant envoyé entre des palettes sans qu’aucun ne puisse y mettre fin. Une phrase de journal de 1841 le disait directement : « Le battledore and shuttlecock est un très bon jeu, quand vous n’êtes pas les volants et que deux avocats sont les battledores » [traduction], une plaisanterie qui ne fonctionne que si le public connaissait déjà assez bien le jeu pour se le représenter.
Ce qui est passé au badminton et ce qui a été ajouté
Le badminton a conservé deux éléments du jeu plus ancien : le volant lui-même et le contact contrôlé par-dessous nécessaire pour le soulever proprement. Il a ajouté trois éléments que le jeu ancien n’avait jamais eus : un filet à franchir, un terrain marqué et délimité, et un système de pointage compétitif qui transforme un échange en point, en manche et en match.
La continuité est facile à repérer dans un jardin ordinaire aujourd’hui. Deux personnes qui maintiennent un volant en mouvement avec des palettes, refusant de le laisser toucher le sol, jouent une proche cousine de l’ancien jeu, jusque dans le contact doux et levant par-dessous que les deux jeux récompensent plutôt qu’un mouvement dur et plat. Les entraîneurs utilisent encore ce même exercice coopératif de maintien en l’air pour enseigner le toucher aux débutants avant d’introduire un tableau de pointage.
Le tableau ci-dessous sépare ce qui est resté de ce qui a été ajouté.
| Élément | Battledore and shuttlecock | Badminton moderne |
|---|---|---|
| Objet en jeu | Volant à plumes sur une base en liège | Même idée, désormais fabriquée selon une norme uniforme |
| Style de frappe | Contact doux, par-dessous et levant | Le lift par-dessous est encore enseigné en premier, avant la puissance au-dessus de la tête |
| Filet | Aucun | Ajouté, donnant à l’échange quelque chose à franchir et à attaquer |
| Terrain | Sol ou pelouse ouverts, sans lignes | Ajouté, marqué et délimité, transformant l’espace ouvert en intérieur ou extérieur |
| Pointage | Total partagé des frappes, sans gagnant | Ajouté, transformant les échanges en points, manches et résultat |
Aucun de ces trois ajouts n’était une petite modification. Un filet impose une option descendante et offensive dont un échange de maintien en l’air sans filet n’a jamais besoin. Un terrain délimité transforme « encore dans les airs » en « dedans ou dehors », ce qui fait la différence entre un passe-temps partagé et un sport doté d’un règlement. Un système de pointage transforme le vol du volant, réussite collective, en concours avec une personne perdante; c’est le plus grand changement entre les deux jeux. L’histoire sourcée des premières règles du badminton sur ce site explique précisément quand et où ces ajouts ont été inscrits dans le règlement, de Poona au règlement de Portsmouth de 1893.
La prochaine fois qu’un échange dans un jardin avec un enfant se transforme en compte de la personne capable de maintenir le volant le plus longtemps, ce n’est pas une version simplifiée du badminton. C’est le jeu original, pratiqué d’une manière proche de celle qui existait pendant environ deux mille ans avant que quelqu’un ne tende un filet entre deux poteaux.




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