Dernière vérification : août 2026 · Rédigé par l’équipe de Badminton House, dirigée par des joueurs et des joueuses
Une foulure des ischiojambiers n’est que l’une des trois blessures du bas du corps qu’une fente profonde au badminton peut causer, et elle a son propre emplacement, son propre déclencheur et son propre degré de gravité, que l’on peut facilement confondre avec une foulure à la hanche, à l’aine ou au mollet. Ce guide distingue les trois blessures selon l’endroit et le moment où elles font mal, explique pourquoi le fond du terrain sollicite particulièrement les ischiojambiers et présente une progression en six étapes pour revenir sur le terrain, avec un test de passage à chaque étape.
À lire aussi : Foulure des ischiojambiers au badminton : le mécanisme de la fente profonde — une fois que vous savez que les ischiojambiers sont en cause, ce guide explique plus en détail un programme de reconstruction au poids du corps en quatre étapes.
Ischiojambiers, hanche/aine ou mollet : comment les distinguer
Les fentes profondes au badminton sollicitent trois groupes musculaires du bas du corps. L’endroit de la douleur peut aider à décrire le problème, mais il ne permet pas de distinguer ces blessures de façon fiable ni d’établir un diagnostic : ischiojambiers, à l’arrière de la cuisse; hanche ou aine, dans l’aine ou l’intérieur de la cuisse; mollet, à l’arrière de la jambe.
| Zone | Endroit douloureux | Déclencheur typique au badminton |
|---|---|---|
| Ischiojambiers | Arrière de la cuisse, près de l’os ischial | Atteindre le volant ou repousser le corps depuis une fente profonde vers le fond du terrain, en extension complète |
| Hanche/aine (adducteurs) | Aine ou intérieur de la cuisse | Fente large ou changement soudain de direction pour atteindre un volant écarté |
| Mollet (gastrocnémien) | Arrière de la partie inférieure de la jambe (postéro-médial) | Première poussée énergique depuis le coin arrière, ou réception avec la cheville relevée et le genou droit |
Le schéma de blessure des ischiojambiers est documenté à la jonction musculo-tendineuse proximale, près de l’os ischial, selon une revue de 2016 publiée dans Current Sports Medicine Reports. En revanche, une foulure de l’aine ou des adducteurs est « sévère, située dans la région de l’aine ou de la cuisse médiale » [traduction], et provoquée par « le sprint, les coups de pied et un changement soudain de direction » [traduction], selon l’article de référence de StatPearls sur les foulures des adducteurs. Une foulure du mollet se situe encore plus bas : la douleur « apparaît dans la partie postéro-médiale du mollet » [traduction] après quelques pas, généralement à la suite d’une poussée combinant un genou droit et une cheville relevée, selon l’article de StatPearls sur les foulures du gastrocnémien.
Ce tableau constitue un point de départ, pas un diagnostic. Une douleur intense au moment de la blessure, un claquement audible ou des ecchymoses descendant à l’arrière de la cuisse peuvent indiquer une déchirure plus grave sur l’un ou l’autre des trois sites. Faites évaluer la situation par un physiothérapeute ou un médecin plutôt que d’essayer de la deviner. Si la distinction ci-dessus pointe réellement vers l’aine ou le mollet, nos guides consacrés à ces blessures vont plus loin : foulure de la hanche et de l’aine au badminton et foulure du mollet au badminton.
Pourquoi le fond du terrain sollicite les ischiojambiers
La fente est le mouvement de déplacement le plus souvent associé aux blessures du bas du corps au badminton. Aucune étude n’a mesuré directement la sollicitation des ischiojambiers au badminton, mais la mécanique pointe vers la décélération plutôt que le sprint : la jambe avant s’étend profondément tout en freinant le poids du corps, et non en l’accélérant.
Une revue systématique de 2025 publiée dans BMJ Open Sport & Exercise Medicine, regroupant 21 études sur les blessures au badminton, a constaté que parmi les mouvements de déplacement associés aux blessures du bas du corps, « la fente était le mouvement de déplacement présentant le risque le plus élevé pour le bas du corps » [traduction], représentant environ le tiers des cas que la revue pouvait attribuer à un mouvement précis. Si l’on met cela en regard de la compréhension médicale générale des foulures des ischiojambiers, le déclencheur le plus probable n’est pas le sprint entre les échanges, mais la seule extension profonde vers le coin arrière, où la jambe avant décélère le poids du corps en fin d’amplitude.
La même revue a constaté qu’une blessure antérieure dans une région du corps est « un facteur de risque majeur d’une future nouvelle blessure dans la région concernée » [traduction] et que ce risque augmente avec le niveau de jeu. Cela importe davantage pour les ischiojambiers que pour une première blessure ailleurs : les recherches sur les foulures des ischiojambiers indiquent que près d’une sur trois récidive, et que de nombreuses nouvelles blessures surviennent dans les deux premières semaines suivant le retour au sport. Autrement dit, après votre première foulure des ischiojambiers, le plus grand risque n’est pas la blessure initiale. C’est de revenir trop vite et de les solliciter à nouveau avant que les tissus soient réellement prêts.
La progression du retour sur le terrain : six étapes, un test de passage pour chacune
Revenir sur le terrain en toute sécurité signifie réussir un test à chacune des six étapes, plutôt que de compter les jours au calendrier : marche-course, déplacements en ombre, fond du terrain à demi-vitesse, fentes à pleine profondeur, double contrôlé, puis jeu en match. Ne progressez qu’une fois l’étape actuelle complètement indolore, car la plupart des récidives des ischiojambiers surviennent dans les deux premières semaines suivant le retour.
- Marche-course. Test de passage : marchez à un rythme normal sans aucune douleur, puis courez à une vitesse très faible et facile sans aucune douleur, et maintenez sans douleur une légère pression du talon, genou fléchi (contraction isométrique), contre une serviette ou la main d’un partenaire. Cela correspond au premier point de contrôle du retour au mouvement utilisé dans la réadaptation progressive des ischiojambiers, qui exige de pouvoir « marcher normalement sans douleur, courir à très faible vitesse sans douleur et effectuer une contraction isométrique des ischiojambiers sans douleur » [traduction], selon Current Sports Medicine Reports.
- Déplacements en ombre. Pas de volant, pas de fente à pleine profondeur. Répétez les schémas de pas d’allègement et de courtes fentes sur un terrain vide en augmentant graduellement la vitesse. Test de passage : une séance complète sans ménager la jambe blessée et sans douleur persistante par la suite.
- Fond du terrain à demi-vitesse. Recevez des volants envoyés dans les coins arrière, en faisant des fentes à environ la moitié de la profondeur et de la vitesse. Test de passage : vous pouvez courir vers l’avant et vers l’arrière à environ la moitié de votre vitesse maximale sans douleur, et une contraction isométrique à effort maximal est indolore, ce qui correspond au même point de contrôle qu’un protocole de réadaptation progressive utilise avant d’autoriser un travail plus rapide.
- Fentes à pleine profondeur. Recevez des volants dans votre coin le plus faible à pleine vitesse et avec une extension complète. Test de passage : la fente est indolore et répétable à la demande pendant une séance complète, et pas seulement possible une fois lorsque vous êtes frais ou fraîche.
- Double contrôlé ou exercices de rotation. Mouvement comparable à celui d’un match, sans pression du pointage. Test de passage : une séance complète de déplacements en échange sans protection consciente, sans foulée raccourcie et sans éviter volontairement les coins arrière.
- Jeu en match. Test de passage : aucune douleur à la palpation du site de la blessure par la suite, force complète sans douleur et aucune hésitation à effectuer une fente à pleine vitesse. Cette combinaison — force concentrique et excentrique complète sans douleur, « absence de kinésiophobie » [traduction] et mouvements propres au sport à une vitesse presque maximale sans douleur — constitue le seuil standard du retour au sport dans la littérature sur la réadaptation des ischiojambiers.
Le même principe — des critères objectifs plutôt qu’un calendrier — s’applique aux trois sites de foulure du tableau ci-dessus. Les foulures des adducteurs suivent aussi ce principe : les cas aigus se résorbent souvent en quatre à huit semaines, mais le retour devrait être « guidé par une évaluation objective de la force, de la flexibilité et de la performance fonctionnelle » [traduction], et non par une date fixe, selon StatPearls.
Prévenir la prochaine blessure : force excentrique et pratique de la décélération
La force excentrique des ischiojambiers et la pratique d’une décélération contrôlée sont les deux habitudes les plus susceptibles d’empêcher cette blessure de revenir, en plus du respect des étapes de la progression ci-dessus. Ni l’une ni l’autre ne consiste en une routine d’étirements. Il s’agit dans les deux cas d’entraîner le muscle à contrôler une fente sous charge, et pas seulement à s’allonger.
La charge excentrique a sa place au milieu d’un programme de réadaptation ou de prévention, pas au premier jour. Les protocoles progressifs pour les ischiojambiers l’introduisent une fois que les mouvements à faible vitesse sont déjà indolores : la phase intermédiaire « comprend l’augmentation de l’intensité et de l’amplitude des exercices, l’introduction d’exercices de résistance excentrique et un entraînement neuromusculaire à des vitesses plus élevées » [traduction]. Une version simple adaptée au badminton consiste à faire une flexion de hanche lente sur une jambe, selon un mouvement de soulevé de terre roumain au poids du corps : fléchissez la hanche avec le genou légèrement fléchi, descendez sous contrôle en comptant lentement, puis relevez-vous, en gardant une petite amplitude jusqu’à ce que le mouvement reste complètement indolore.
La pratique de la décélération est la partie propre au badminton de la prévention, puisque la fente elle-même, et non le sprint, est le mouvement le plus associé aux blessures du bas du corps sur le terrain. Cela signifie pratiquer volontairement des fentes contrôlées vers les coins arrière pendant l’échauffement, en augmentant progressivement la profondeur et la vitesse, plutôt que de passer directement d’un jogging léger à des récupérations à pleine vitesse vers le fond du terrain. La même revue des blessures au badminton qui a désigné la fente comme le mouvement de déplacement le plus risqué a aussi conclu que la forte proportion de blessures de surmenage au badminton « nécessite un programme systématique de prévention des blessures qui tient compte de la mobilisation, de l’entraînement de la force et d’autres aspects du traitement et de la prévention des blessures de surmenage » [traduction], et pas des étirements seuls. Comme une blessure antérieure est l’un des prédicteurs les plus clairs d’une nouvelle blessure, ce travail importe surtout dans les mois qui suivent une première foulure des ischiojambiers, lorsque la tentation de revenir directement aux échanges à pleine vitesse est la plus forte.
Si vous pensez vous être foulé les ischiojambiers
- Arrêtez de jouer et notez si la douleur se situe à l’arrière de la cuisse, dans l’aine ou dans le mollet; n’utilisez pas ce tableau pour diagnostiquer la blessure.
- Reposez la jambe pendant les 48 premières heures et évitez de forcer malgré la douleur.
- Consultez un physiothérapeute ou un médecin si la douleur était intense, si vous avez ressenti ou entendu un claquement ou si des ecchymoses apparaissent, car ces signes peuvent indiquer une blessure plus grave.
- Une fois que vous avez reçu l’autorisation de bouger, franchissez les six étapes ci-dessus une par une, sans douleur. Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis médical pour votre blessure particulière.




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